u cours de l'été 2004, j'ai fait la rencontre d'un homme avec lequel j'ai partagé deux ans de ma vie. Les choses se sont rapidement complexifiées dans cette relation : pertes d'emplois, problèmes financiers, faillite? Moins d'un an après, cet homme fut diagnostiqué « dépression majeure avec anxiété généralisée ». Il a été placé en arrêt de travail. Pendant plus d'un an, j'ai dû subvenir seule à nos besoins.
Mon quotidien ressemblait à un champ de bataille. J'avais l'impression de me battre contre un adversaire plus fort que moi. Je vivais très mal la pression financière et j'ai perdu maintes fois patience vu mon impuissance à aider mon conjoint. J'ai tenté de m'en sortir seule. J'étais dépassée, mais je n'arrivais pas à l'admettre. En mai 2006, mon conjoint a fait une tentative de suicide. C'est peu après que j'ai contacté La lueur du phare de Lanaudière.
Dès les premiers instants, ce sont l'accueil et l'acceptation inconditionnels qui m'ont fait le plus de bien et qui me touchent encore profondément. Grâce à leur écoute, j'ai pu laisser sortir les émotions qui étaient en train de m'étouffer. Enfin, quelqu'un reconnaissait ce que je vivais sans me juger ! Peu importe ce que je dis, jamais je ne me sens jugée. Encore mieux, ces intervenantes me donnent l'accueil que j'ai encore de la difficulté à me donner à moi-même.
Que ce soit au cours d'un entretien téléphonique ou d'une rencontre privée, elles me suggèrent des moyens pour poser mes limites sans crier et avant que la pression ne devienne intolérable. Elles m'aident aussi à exprimer mes besoins sans que j'aie à me justifier ni à argumenter. Mais surtout, elles m'aident en respectant mon rythme, à faire tomber l'armure de performance et d'autosuffisance derrière laquelle je m'étais réfugiée. Si admettre que l'on a besoin d'aide est la moitié du chemin, accepter cette aide et se laisser soutenir sont certainement l'autre moitié.
Dans mon cheminement, j'en suis venue à la conclusion de mettre un terme à cette relation. Cette rupture fut ma solution. Elle n'est certes pas la solution, car on ne règle pas un problème en sortant la personne de sa vie. La dynamique qui dominait ma relation avec cet homme n'est qu'un scénario que je répète depuis des années. Le travail de reconstruction ne fait que commencer.
Je suis en train d'apprendre à fonctionner différemment et, pour ce faire, j'ai le droit et j'ai besoin de me donner le temps nécessaire pour intégrer cette perte dans ma vie. L'aide de La lueur du phare de Lanaudière me permet de mieux vivre cette étape de ma vie où je me sens insécure, maladroite et vulnérable.
J'éprouve une profonde admiration pour ces professionnelles qui oeuvrent auprès des proches de personnes ayant un problème de santé mentale. Nulle part ailleurs, je n'ai trouvé autant d'amour inconditionnel pour le genre humain qu'à cet organisme. Juste à y penser, j'en ai les larmes aux yeux. C'est probablement ce que l'on nomme la reconnaissance. Merci du fond du c?ur !
Anonyme
Témoignage tiré du recueil de témoignages "Mots d'espoir et de réconfort" publié par La lueur du phare de Lanaudière, mars 2007