TEMOIGNAGES DE PROCHES

Des proches transmettent un message d'espoir à d'autres personnes qui vivent des situations semblables.  Ils savent qu'aller chercher de l'aide, du soutien auprès d'un organisme d'entraide comme La lueur du phare de Lanaudière est un premier pas vers un mieux-être.  Ces mots bien personnels sont là pour vous faire du bien et dans un but de partage.

 

Changer pour mieux aider

L’histoire de ma famille

Le répit, ma planche de salut

 

Changer pour mieux aider

Bonjour à vous! Plaire aux autres, être aimée à tout prix, sauver les autres, voilà l’histoire de ma vie. Très jeune, j’ai appris à m’oublier pour les autres; les autres étant plus importants que moi. Je devais sauver les autres, aider les autres, j’en ai fait mon affaire. Aider les autres sans respecter mes limites m’a amenée dans un bas-fond…l’enfer. J’ai une fille borderline depuis 1997. Mon conjoint s’est enlevé la vie en 2004. Avec du recul, il était probablement un anxieux profond depuis toujours. Pendant plusieurs années, j’ai été obligée d’aller chercher de l’aide, mais c’est en 1997 que j’ai connu La lueur du phare de Lanaudière et c’est avec eux que j’ai développé plusieurs outils à travers leurs différents services et aussi auprès de divers autres thérapeutes.

Apprendre, comprendre, changer, travailler sur moi, cela fait partie de ma vie, de mon quotidien. J’ai dû apprendre à vivre avec l’histoire de mes deuils (les intégrer, les digérer, les pleurer, les crier, les raconter), me connaître, m’accepter comme je suis, m’affirmer (même si les autres ne sont pas en accord avec moi), me positionner (communication saine – claire), être constante et persévérante, trouver mes forces et m’en servir, être reconnaissante, partager et développer l’entraide.

Ce que je suis devenue : une personne en changement pour m’aider à vivre malgré les circonstances traumatisantes, les malheurs, les épreuves. Maintenant, ce qui m’arrive est une occasion de transformation; je suis très reconnaissante et dans l’ensemble, la vie est bonne. Je me sens heureuse, la vie est là… Je m’adapte à la vie et ce, un jour à la fois.

Je possède maintenant un coffre à outils pour m’aider dans les épreuves. Moi qui ai toujours voulu aider les autres sans succès, je découvre enfin que c’est en m’aidant moi-même que je peux aider les autres.

Je me suis créée un coffre à outils que je modifie au besoin. Il contient des prières de sérénité (un Dieu d’amour), lecture (Pensées que j’aime, Clé d’or de Emmet Fox, Le deuil de Jean Monbourquette), groupe d’entraide (12 étapes – 12 traditions), La lueur du phare de Lanaudière (rencontres, formations, etc.), travailler mon estime de moi (une boîte dans laquelle j’ai mis sur papier 10 choses que j’aime faire, j’en pige 1 chaque jour et je le fais), téléphoner à des amis, livre de gratitudes (inscrire chaque jour 3 mercis), coupe à sundae (garder dans cette coupe des mots positifs, des compliments), scrapbooking et mosaïque, des écritures, un canard (les Yvons), la thérapie (aller chercher de l’aide au besoin).

Je veux remercier La lueur du phare de Lanaudière d’être là ainsi que tous les intervenantes. Un merci particulier aux proches qui ont la générosité de partager leur vécu, de m’écouter, de m’accepter comme je suis et ce, sans jugement.

Merci, je vous aime.

Pierrette     

Témoignage tiré de la publication Le mot à maux publié par La lueur du phare de Lanaudière, printemps 2010  

L’histoire de ma famille

Au moment d’écrire ces lignes, mon fils a amorcé une démarche pour se prendre en main et il utilise les ressources de sa région.  Comme quoi, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Je tenterai simplement de vous raconter l’histoire de ma famille.

Je suis mariée depuis 22 ans et nous avons des jumeaux de 21 ans (garçon et fille). Mon fils a eu des problèmes de santé (pieds bots, nécrose de la hanche) et ce jusqu’à 10 ans.  À l’école c’était difficile pour lui, et vient un premier diagnostic de TDA sans hyperactivité, débute donc la prise de Ritalin qui s’est avéré salutaire pour son rendement scolaire.  Il était un enfant curieux, toujours de bonne humeur et grouillant.  Il a fait beaucoup de sport jusqu’à 15 ans.   Au primaire, il avait la mauvaise habitude de s’inventer des choses et de raconter des mensonges.  Au secondaire il a continué, J’ai bien tenté de lui dire que dans la vie les menteurs n’étaient pas bien vus par la société en général.  Il me disait alors que c’était juste des « jokes ».  Aussi à 15 ans j’ai trouvé dans sa chambre, les premiers sachets de marijuana.  Ne sortant pas beaucoup le soir et les week-ends, il ne voyait pas ou très peu ses amis en soirée.

À cette époque aussi vint la première blonde de trois ans sa cadette, il arrêta le sport et passait le plus clair de son temps avec sa copine.  À 16 ans, secondaire 5, autant il avait eu de la facilité à se faire des amis, autant il ne les gardait pas.  Premier emploi, moniteur d’un camp de jour qu’il garda trois semaines, congédié pour des propos totalement inappropriés pour des enfants de 5-6 ans (sexe, drogue etc.), il recevait souvent des « cadeaux » qu’un chum lui avait donnés (nous avons su, plus tard qu’ils les volaient).  Septembre 2007, il suit un DEP à l’éducation pour adulte.  Jusque là, il n’avait jamais eu de problèmes de comportement ni de suspension au secondaire.  Son professeur désire nous rencontrer, et il nous annonce que notre fils a volé l’outil d’un collègue de classe, première suspension.  Nous étions bouleversés et on ne reconnaissait plus notre fils.  Je suis ce que l’on peut appeler une mère poule, et je voyais bien que mon fils n’était pas bien, on aurait dit que la lumière dans ses yeux s’était éteinte.

Son problème de mensonge continuait, et les consommations de drogue se sont accentuées.

Mon mari, à ce moment là, ne voulait pas voir l’ampleur du problème, il était dans le déni.  Ce fut une période très difficile pour moi et ma fille, j’envisageais même une séparation.  Mon fils réussissait parfaitement à dresser son père contre moi et à le manipuler à sa guise.

Après plusieurs incartades, plusieurs pertes d’emploi et la suspension définitive de l’école des adultes, nous l’amenons à l’urgence et demandons une évaluation psychiatrique.  Pendant la rencontre avec l’équipe multidisciplinaire, la psychiatre nous dit : Savez-vous que votre fils a un problème de toxicomanie? Il doit régler son problème de toxicomanie et ensuite nous pourrons l’aider et elle me donne deux dépliants : un de La lueur du phare de Lanaudière et l’autre du Tremplin.

C’est à ce moment que j’ai rencontré un intervenant au Tremplin et que j’ai appelé à La Lueur du phare. Je suis arrivée au café-échange de Joliette en septembre 2009.  Je pense que j’ai pleuré tout le long, je me sentais complètement vidée et j’avais l’impression que mon fils était en train de se noyer et que je devais lui lâcher la main…Les gens ont été d’une écoute et d’un respect qui m’ont profondément touchée, j’ai senti qu’enfin on comprenait tout à fait ce que je vivais, et que je n’étais pas jugée.

Nous n’avons pas eu d’autre choix de mettre notre fils à la porte, il nous a volé, argent, bijoux etc.,  et ne voulait pas se prendre en main.

Il a toutefois été à l’urgence en juin 2010, pour des idées suicidaires.  Son dernier diagnostic était : TDA, mythomane, kleptomane, trouble de personnalité limite et forte tendance narcissique et antisocial.

Ce n’est pas tous les jours facile, mais je dois m’occuper de moi, mettre des limites, le fils qu’il était me manque beaucoup, et le visage de notre famille a changé, on doit s’adapter.

En entrant dans la grande famille de La lueur du phare, j’y ai trouvé des gens pour écouter, partager, consoler, guider etc.  C’est comme si j’étais enfin rentrée à la maison. 

Merci du fond du cœur à tous ceux que j’ai croisés, au fil des café-échange, des formations et des sorties, et aux intervenants que j’ai rencontrés. 

Je vous aime beaucoup.                       

                                                                                              Manon xxx

Témoignage tiré de la publication Le mot à maux publié par La lueur du phare de Lanaudière, printemps

 

LE RÉPIT MA PLANCHE DE SALUT

Aujourd’hui je veux remercier La lueur du phare de Lanaudière pour toute l’aide, l’écoute, le soutien qu’elle m’apporte, l’information que je reçois, la documentation et par-dessus le marché «le répit».

Il y a déjà huit ans, lorsque je me suis présentée à l’urgence avec mon fils en psychose,

j’ai appris qu’il souffrait d’une maladie mentale (bipolaire à l’époque). À ce moment, je fus dans tous mes états; bouleversée, consternée, dépassée, inquiète et surtout ignorante  face à cette problématique. On finit par lui prescrire une médication pour le soulager.

Je me souviens avoir demandé au médecin psychiatre «Est-ce que vous croyez qu’après une quinzaine de jours tout peut se replacer?» Ouf!... on a dû m’épargner. «On verra» m’avait dit le médecin.

Depuis ce temps, mon fils a été hospitalisé à plusieurs reprises et tout dernièrement pendant sept mois. La raison est presque toujours la même; arrêt de sa médication, excès de stress ou abus d’alcool. Il souffre maintenant de schizophrénie paranoïde.

Est-ce qu’on peut en passer du temps pour essayer de les aider, de l’énergie pour tenter de les convaincre à se médicamenter, de l’argent pour les dépanner, enfin on y laisse sa santé. Lors d’une rencontre, une intervenante m’informe sur la possibilité d’obtenir des allocations accordées pour m’aider à décompresser, à me changer les idées, à penser à moi, me gâter, enfin à soulager la douleur qui m’envahissait depuis trop longtemps.

Depuis maintenant trois ans, j’ai la chance de profiter de ce merveilleux répit qui me permet des moments de douceur et de bonheur. J’ai pu aller au musée, au restaurant, au théâtre, au cinéma et participer à des activités physiques de toutes sortes. À mon avis, c’est ma planche de salut.

Quelle preuve de bonté et d’humanité vous offrez à vos membres.

Je ne vous remercierai jamais assez de permettre que je puisse respirer de nouveau!

De tout cœu         Merci!

Hélène, une mère

Témoignage tiré de la publication Le mot à maux publié par La lueur du phare de Lanaudière, hiver 2010

 

 

 

 

 

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